“Art pariétal/Art brut…”

“Est-ce que je peux colorier la main?” Demande une petite patiente pendant sa séance… Elle venait de faire parfaitement le contour de ses doigts sur une feuille – ces 4 dernières minutes résument 40 mille ans, 40 mille ans et 4 minutes si l’on préfère… L’enfant du totem humain, passé de la nature à la culture nous rappelle la horde, le meurtre, le cannibale et l’inceste au noyau même de nos instincts…

Les artistes des grottes de Sulawesi savaient à l’évidence quelque chose de la capacité négative du psychisme : voir en creux le plein et inversement.

Symboliser, subjectiver le potentiel de sauvagerie pulsionnelle, s’approprier la mort et l’amour, la survie et la guerre, sont un héritage et une conquête processuelle toujours renouvelée à laquelle la fonction artistique dès son origine nous confronte par l’infinité de ses mises en scènes et que la psychanalyse, avec ses outils classiques ou plus spécifiquement art-thérapeutiques, tente parfois de soutenir dans le sens d’une croissance psychique.

Nous parlerons ensemble du premier génie artistique connu de l’Art rupestre, du jaillissement sensible de l’humanité dans une bande dessinée préservée dans ses cryptes rocheuses aux quatre coins de la planète.

Nous écouterons durant l’après-midi une autre forme de jaillissement du monde interne, née de la maladie du penser, comme disait Didier Anzieu, et de l’impérieuse contrainte à signifier, une expérience de subversion mutuelle du sensoriel et de la représentation, nichée dans la fente structurelle de la psychose. L’art brute réinvente d’inédits codes artistiques, tels des produits dérivés des effets tranchants de l’auto-conservation et d’auto-restauration face à la possible perte de soi. L’Art brute, qui porte l’expérience de la dislocation psychique, est-il une détonation instrumentalisée par la nomenclatura des marchands, un anoblissement opportun de la folie ? Le patient, « artiste malgré lui », est peut-être le plus artiste d’entre tous disputant ainsi la légitimité de l’art aux artistes autorisés. Cet espace intermédiaire entre le soin et la cité nécessite-t-il de  penser les conditions de cadre éthique, un bémol sur la portée d’une célébration naïvement contemplative? …

Des interventions artistiques pendant le colloque vont inciser dans nos résistances et certitudes à nous sentir singulier dans notre siècle, nous aider à accepter l’évidence d’une universalité et d’une intemporalité des ressorts de l’inconscient, depuis la grotte jusqu’à nos cabinets de consultation…

Crédit photo affiche du colloque André Le Hien, (Sans titre), Musée d’Art et d’Histoire de l’Hôpital Sainte-Anne, Inv. 0717 © CEE-MAHHSA

Samedi 8 octobre 2022 – 9H15 -18H30

EN VISIO-CONFÉRENCE ET EN PRÉSENTIEL 

INALCO
Institut National des Langues et Civilisations Orientales
65 rue des Grands-Moulins – Paris 75013
Auditorium rez-de-chaussée
Ligne 14 : station François Mitterrand
Bus 62 : arrêt Mann
Bus 89 : arrêt Avenue de France
Bus 64 : arrêt Bibliothèque – Chevaleret

PROGRAMME

ART dès l’origine

9h15 – 11h15

Président de la matinée: 

Piotr KRZAKOWSKI, Docteur en Psychologie Clinique, psychanalyste

Rajah SHARARA, Psychologue clinicienne, psychanalyste

Alain GIBEAULT, Philosophe, psychologue clinicien et psychanalyste : “Naissance de la symbolisation et art préhistorique”.

Christian GAILLARD,
Docteur en psychologie, Psychanalyste : Il se lève, et marche.

Yves SARFATI,
Professeur de Psychiatrie – Psychanalyste : Le stade prégénital selon Cro-Magnon

Johanna VELT, Psychiatre, Pédopsychiatre, Psychanalyste : Modératrice  

Échanges avec la salle

11h15 – 11H30  – Pause café

11h30 – 13h

gine PRAT, Psychologue-Psychanalyste : « Comment l’art préhistorique: nous éclaire sur notre fonctionnement psychique ? »

rard NOIR, Psychiatre, Psychanalyste : « La naissance au monde »

Samir FELLAK, Psychologue clinicien, Psychanalyste : Modérateur

Échanges avec la salle

13h – 14h15 – Pause déjeuner : Buffet

Histoire(s) brut(es)

14h15 – 16h

Présidente de l’après-midi :

Johanna Velt: Psychiatre, Pédopsychiatre, Psychanalyste

Anne-Marie DUBOIS, Psychiatre, responsable scientifique du MAHHSA

Clara SIMPSON: Comédienne bilingue, enseignante: Lecture de textes des œuvres de Jeanne Tripier, Aimable Jayet, Aloise Corbaz, et Constance Schartzlin-Berberat.

cile CUNIN, médiatrice culturelle : “Art asilaire et genre à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.” Lectures et réflexions.

Armelle HOURS, Psychiatre, Psychanalyste : Modératrice

Échanges avec la salle

16H00 – 16H15 – Pause café

16h15 – 18h

Alain MOREAU, Collectionneur d’art brut

André ROBILLARD : Sculpteur, dessinateur, musicien, créateur français d’art brut

Armelle HOURS:  Psychiatre, Psychanalyste : Modératrice

Échanges avec la salle

Fin de la journée : Conclusion

Comité d’organisation, Comité scientifique : Samir Fellak, Armelle Hours, Piotr Krzakowski, Rajah Sharara, Johanna Velt
Comité de conseillers artistiques : Audren, Clara Simpson

AVEC LA PARTICIPATION DE
  • AUDREN
  • Cécile CUNIN
  • Anne-Marie DUBOIS
  • Samir FELLAK
  •  Christian GAILLARD

  • Alain GIBEAULT
  • Armelle HOURS
  • Piotr KRZAKOWSKI
  • Alain MOREAU
  • Gérard NOIR
  • Régine PRAT 
  • André ROBILLARD 
  • Yves SARFATI
  • Rajah SHARARA
  • Clara SIMPSON
  • Johanna VELT