L’idéalisation est un mouvement primaire potentiellement lié à tout investissement : investir un objet d’amour ou d’attention, c’est le valoriser, l’exalter voire l’agrandir fantasmatiquement.
Dans la mesure où l’idéalisation qui accompagne le mouvement d’investissement devient défensive par rapport à la nature pulsionnelle de cet investissement, il y a dissociation entre l’investissement sexualisé et l’idéalisation, qui est alors surinvestie. Celle-ci fonctionne comme défense primaire, prémisse de mécanismes de défense ultérieurs.
L’idéalisation est en effet peut-être la première défense interne contre la pulsion, laquelle est troublante par la violence de sa poussée, par la mise en jeu des zones érogènes donc du corps, par le décentrement provoqué par la quête de satisfaction qui pousse à investir un objet, et par le but sexuel mis en œuvre.
Le mouvement pulsionnel peut donc susciter de l’angoisse, c’est-à-dire la mobilisation du moi contre ce qui pourrait menacer l’appareil psychique – ce qui pourrait étouffer, fragmenter ou désintégrer le moi. Nous avons ici une des causes essentielles de ce qui en clinique se manifeste comme terreur de l’autre, qu’elle soit restée en partie consciente ou qu’elle soit plus ou moins efficacement contre-investie.
L’idéalisation est alors surinvestie pour combattre cette angoisse et protéger contre la sexualité et contre la haine, au prix très lourd d’un désinvestissement du charnel, c’est-à-dire du corps et des émotions.
Mais si Freud distingue clairement en 1914 l’idéalisation de la sublimation, il indique en même temps que l’idéalisation peut être déclencheur du processus de sublimation, et participe ainsi à la mise en œuvre des processus créatifs.
Nous tâcherons d’éclairer et de dénouer ces paradoxes.

PROGRAMME
Conférence
20h30 ( 8.30PM UTC+2 )
Dominique Bourdin : Puissance et risques de l’idéalisation
Anne-André Reille : Discutant
Patricia Adam-Laubret : Modératrice
Intervenants
Patricia Adam-Laubret :Médecin Psychiatre (retraite active depuis 2018) ayant une
formation en psychiatrie Adulte et de l’Enfant et de l’Adolescent.
Dominique Bourdin : Psychanalyste membre adhérente de la SPP, agrégée de philosophie, docteure en psychopathologie fondamentale. J’ai participé au « Dictionnaire freudien » dirigé par Claude Le Guen, dirigé plusieurs ouvrages notamment dans la collection des Débats de psychanalyse, et publié notamment « La psychanalyse, de Freud à aujourd’hui » et « L’oubli. Dynamique du fonctionnement psychique ».
Anne-André Reille : Psychologue clinicien, psychanalyste, membre de la SPP, travaille au Centre Evelyne et Jean Kestemberg (CEJK)
Comité d’organisation : Marie-Claude Argant Le Clair, Nayla Karroum, Sandrine Loeb, Esther Papaud, Rajah Sharara, Yves Thery




